Qui est Financ’ile ?
Financ’ile est une société à responsabilité limitée créée le 1er avril 2009 à Saint-Paul, à La Réunion (SIREN 511 688 327), au capital de 100 000 € selon Pappers ; son siège y est installé, 48 boulevard Jacob de La Haye, depuis octobre 2024. Elle est gérée par Éric Draether, qui en a pris le contrôle et la gérance en 2011 selon Financ’ile, et a pour commissaire aux comptes titulaire la société Auditeurs Associés Franciliens. Le registre des entreprises lui connaît trois autres établissements en activité : à Saint-Leu (La Réunion), à Paris, 49 avenue Hoche, depuis 2014, où elle indique avoir installé sa direction du développement, et à Baie-Mahault (Guadeloupe), d’où elle dit sélectionner les investissements des Antilles ; en Guyane, elle indique travailler avec un mandataire exclusif. Elle se présente comme un « cabinet d’ingénierie financière et fiscale », déclare une quinzaine de salariés et indique externaliser certaines fonctions support, comme la comptabilité des sociétés d’investissement.
Le site de Financ’ile ne présente que le Girardin industriel (article 199 undecies B du CGI) ; il ne mentionne pas le Girardin logement social. Dans les opérations dites « de plein droit », qui ne demandent pas d’agrément préalable de l’administration fiscale, les investisseurs deviennent associés de sociétés en nom collectif (SNC) dont elle est la gérante : le registre en recense de nombreuses sous le nom « Mutual’IR », dont au moins une vingtaine ont été immatriculées à Saint-Paul les 13 et 14 mai 2026. Ces SNC achètent des équipements neufs loués à des entreprises d’Outre-mer, qui doivent en principe les exploiter pendant cinq ans ; en contrepartie de son apport, qui ne lui est pas restitué, l’investisseur obtient une réduction d’impôt sur le revenu. Selon Financ’ile, l’apport des associés finance 40 % du matériel, aux côtés de l’exploitant (10 %) et, en général, d’une banque (50 %), et les fonds de chaque investisseur sont répartis entre plusieurs exploitants. Toujours selon elle, les projets dont le matériel vaut plus de 250 000 € doivent obtenir un agrément de l’administration fiscale, qui contrôle le projet au préalable ; les investisseurs y sont regroupés dans une société par actions simplifiée (SAS) plutôt que dans une SNC, et cette voie est ouverte à tous les contribuables. Le registre des entreprises recense des SAS « Invest’Ile » qu’elle préside. Financ’ile annonce un milliard d’euros d’investissements en Outre-mer depuis 2009. Selon le cabinet, elle monte aussi les opérations de Girardin industriel que propose Groupe François 1er ; ni l’une ni l’autre ne le mentionne sur son site, et le nom du monteur se vérifie dans la documentation de chaque opération.
Une entreprise dont le métier est d’obtenir pour autrui la réduction d’impôt du Girardin doit être inscrite au registre des intermédiaires en défiscalisation Outre-mer (article 242 septies du CGI), que tient, pour une entreprise dont le siège est à La Réunion, le préfet de La Réunion ; l’inscription vaut trois ans, et ce n’est pas un agrément. Financ’ile figure dans la version de ce registre du 6 février 2023, la plus récente que le cabinet ait pu consulter, sous le n° 082017 974 001, à son adresse de Saint-Leu (inscription du 23 août 2017, renouvelée le 8 octobre 2020) ; Financ’ile ne publie pas ce numéro sur son site, et le renouvellement de son inscription depuis octobre 2023 reste à vérifier. Financ’ile évoque une « garantie intégrale en cas de défaillance d’exploitants » (article de son site, mars 2024) et, dans un communiqué publié par Profession CGP en septembre 2026, « une assurance spécifique » qui « prend le relai en cas de défaillance » ; elle ne publie ni le nom du garant ou de l’assureur, ni le plafond, ni les conditions, ni le coût de ces protections.