Morgen Invest
Patrimonia 2026 : ce qu’il faut retenir des annonces de la convention
La 33e convention Patrimonia a réuni les professionnels du patrimoine les 30 septembre et 1er octobre 2026 à Lyon. Florian Freyssenet, fondateur de Next Gen Patrimoine, a recensé dans sa newsletter LinkedIn « les 82 annonces qu’il ne fallait pas louper ». Nous en avons vérifié une vingtaine à leur source et retenu ce qui peut compter pour votre épargne : le non coté qui s’ouvre aux particuliers, des SCPI tournées vers l’étranger, de nouveaux plans d’épargne retraite et une étude des autorités sur les frais des produits structurés. Sans promesse de rendement : les objectifs annoncés par les sociétés de gestion ne sont pas repris ici.

9 178
Professionnels du patrimoine venus à Patrimonia 2026, contre 9 067 en 2025
Patrimonia, site officiel et présentation de l’édition 2026
Plus de 400
Partenaires-exposants en 2026, contre 350 en 2022 et près de 380 en 2024
Patrimonia, site officiel (consulté le 6 octobre 2026)
72 %
Part des conseillers en gestion de patrimoine qui utilisent l’intelligence artificielle, contre 56 % en 2025
Baromètre du marché des CGP 2026, BNP Paribas Cardif et Kantar, 22 septembre 2026
5,83 %
Coût d’entrée total moyen relevé sur 60 produits structurés, jusqu’à 13,16 % pour le plus élevé
Pôle commun AMF-ACPR, étude des produits structurés, 22 juin 2026
Patrimonia 2026 en quelques repères
Patrimonia est la convention annuelle des professionnels de la gestion de patrimoine : conseillers, assureurs, sociétés de gestion, banques privées, éditeurs de logiciels. La 33e édition s’est tenue le mercredi 30 septembre et le jeudi 1er octobre 2026 au Centre de Congrès de Lyon. Elle est organisée par E.T.A.I. (groupe Infopro Digital), sous le parrainage du ministère de l’Économie, et avait pour signature « Proximité & ingéniosité au cœur des valeurs en transformation ».
Selon le site officiel, 9 178 professionnels y ont participé, et plus de 400 partenaires-exposants y tenaient un stand. Les quatre conférences plénières portaient sur la souveraineté européenne, la transition démographique, l’éducation financière et la cybercriminalité.
Le 2 octobre, Florian Freyssenet, fondateur de Next Gen Patrimoine, a publié sur LinkedIn une recension des annonces du salon, classées en sept rubriques (SCPI et immobilier, non coté, assurance-vie et retraite, gestion d’actifs, produits structurés, outils et intelligence artificielle, profession), suivies de quatre actualités réglementaires. C’est un travail utile, que nous citons comme source. Il mêle toutefois informations et contenus promotionnels, l’article comportant un encart publicitaire, et plusieurs brèves relaient les objectifs de rendement des sociétés concernées. Nous ne retenons ici que ce que nous avons pu vérifier auprès d’une source primaire : communiqué de la société, dépêche ou presse spécialisée.
Le non coté s’ouvre aux particuliers, avec ses contraintes
C’est le fil rouge de l’édition : les fonds de private equity, d’infrastructures ou d’immobilier non coté, longtemps réservés aux investisseurs fortunés, deviennent accessibles avec quelques milliers d’euros. Deux véhicules portent ce mouvement : l’ELTIF, le fonds européen d’investissement de long terme, dont la réforme est entrée en application en janvier 2024, et les fonds dits « evergreen », sans date de fin, qui acceptent des souscriptions et des rachats en continu, dans certaines limites.
Parmi les annonces vérifiées : LBP AM EPM a présenté un ELTIF evergreen accessible dès 1 000 € aux investisseurs non professionnels. Peqan a lancé un fonds de fonds evergreen, investi dans huit fonds de grands gérants, ouvert dès 10 000 € et logeable en assurance-vie française ou luxembourgeoise. Bpifrance a indiqué que son fonds Bpifrance Défense avait collecté plus de 150 millions d’euros auprès de 10 000 particuliers en un an, avec un ticket d’entrée de 500 €. Private Corner a lancé avec Ardian un fonds de co-investissement accessible dès 100 000 € par l’intermédiaire d’un conseiller, et Altaroc a créé Altaroc Wealth, une structure d’accompagnement patrimonial dédiée au private equity.
Ces annonces suivent la réglementation, qui a abaissé les barrières d’accès. Elles ne changent pas la nature de ces placements : le capital n’est pas garanti, la liquidité est limitée ou différée (les sommes investies dans Bpifrance Défense sont bloquées cinq ans), les frais sont souvent plus élevés que ceux des fonds cotés, et les objectifs de performance affichés par les sociétés de gestion ne sont que des objectifs. Une part de non coté s’étudie au regard de l’ensemble de votre patrimoine, de votre horizon et de votre capacité à immobiliser ces sommes.
SCPI : cap sur l’étranger et sur la santé
Les sociétés de gestion de SCPI poursuivent leur mouvement hors de France. Remake a présenté Remake Kross, sa troisième SCPI, investie exclusivement hors de France. Inter Gestion REIM a lancé Cristal Care, une SCPI internationale dont au moins 51 % des actifs doivent être liés à la santé, avec un partenaire américain. Plusieurs sociétés de SCPI élargissent aussi leur gamme à des fonds non cotés, dont des ELTIF.
Ces lancements interviennent sur un marché qui n’a pas fini sa correction : les prix de part ont reculé chaque année depuis 2023, comme nous l’avons détaillé dans notre point sur les SCPI en 2026. Avant de souscrire une SCPI récente, trois points comptent plus que le rendement affiché. Les frais d’abord : 12 % de commission de souscription pour les deux SCPI citées, qui pèsent sur les premières années. La fiscalité ensuite : les loyers perçus à l’étranger sont imposés selon les conventions fiscales, par la méthode du taux effectif ou du crédit d’impôt, ce qui peut alléger l’impôt par rapport à des loyers français selon les pays et votre tranche d’imposition ; notre simulateur SCPI en tient compte. La liquidité enfin, qui n’est jamais garantie.
Assurance-vie, retraite, épargne salariale : les assureurs élargissent leur offre
CNP Assurances a lancé le 1er octobre 2026 deux plans d’épargne retraite : CNP Retraite Avenir, distribué par les conseillers en gestion de patrimoine via sa plateforme CNP Alysés, et un second plan distribué 100 % en ligne par un courtier. BNP Paribas Cardif a présenté Sélect Avenir, une offre d’épargne salariale (plan d’épargne interentreprises et PER collectif interentreprises) destinée aux entreprises de moins de 250 salariés et distribuée par les conseillers et les courtiers.
Côté assurance-vie, Swiss Life propose désormais en gestion pilotée deux mandats investis en ETF conçus par Althéis. Allianz a réuni pour la première fois sur un même stand ses entités françaises et luxembourgeoises et lancé Allianz Wealth, un portail commun aux offres des deux pays. AG2R La Mondiale a confié à Fund Channel, filiale d’Amundi et de CACEIS, la gestion opérationnelle de son offre de fonds partenaires. Plusieurs fonds non cotés présentés au salon sont accessibles en assurance-vie luxembourgeoise.
Ces nouveautés élargissent le choix. Elles ne dispensent pas de comparer les frais d’un contrat (sur versement, de gestion, des unités de compte) et la qualité de son fonds en euros, ni de vérifier que l’enveloppe correspond à votre objectif : épargne disponible, retraite ou transmission.
Produits structurés : les autorités publient les frais
Le Pôle commun de l’AMF et de l’ACPR a publié le 22 juin 2026 une étude portant sur 60 titres de créance structurés commercialisés en France par 18 émetteurs et 20 distributeurs. Le coût d’entrée total y ressort à 5,83 % en moyenne, entre 1,20 % et 13,16 % selon les produits, sur la base des données déclarées par les établissements. L’étude détaille aussi la part de ces frais qui rémunère les distributeurs : 3,95 % en moyenne pour les conseillers en investissements financiers et en gestion de patrimoine, de 2 % à 7,11 % selon les cas.
Un produit structuré peut avoir sa place dans un patrimoine, par exemple pour exprimer une vue de marché avec une protection partielle ou totale du capital à l’échéance, sauf défaut de l’émetteur. Mais ses frais d’entrée, prélevés d’emblée, et la rémunération du distributeur doivent vous être communiqués avant la souscription. C’est une question à poser à tout conseiller. Morgen Capital, conseiller en investissements financiers à titre non indépendant, détaille les rémunérations qu’il perçoit de ses partenaires sur sa page conflits d’intérêts.
Les outils numériques et l’intelligence artificielle s’installent
Selon le baromètre du marché des CGP 2026 de BNP Paribas Cardif, réalisé par Kantar et publié le 22 septembre, 72 % des conseillers en gestion de patrimoine utilisent désormais l’intelligence artificielle, contre 56 % un an plus tôt, et 92 % se disent confiants pour les douze prochains mois, contre 85 % en 2025.
Les éditeurs de logiciels patrimoniaux en ont fait leur argument : agrégation des comptes, connaissance client automatisée, aide à la déclaration fiscale, simulateurs intégrés. Ces outils accélèrent les tâches répétitives. Ils ne remplacent ni l’analyse de votre situation ni le devoir de conseil, qui restent de la responsabilité du conseiller.
Une profession qui se regroupe et encadre sa communication
Groupe Premium a annoncé le rachat du Club Adunéa, qui fédère près de 150 cabinets de gestion de patrimoine et rejoint son pôle consacré aux conseillers. La Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine (CNCGP) a, de son côté, demandé son adhésion à l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) et propose à ses membres une certification en publicité financière.
Ces annonces traduisent deux tendances de fond : la concentration des cabinets, qui cherchent à mutualiser leurs coûts de conformité et leurs outils, et un encadrement plus strict de la communication financière, notamment sur les réseaux sociaux.
Ce que nous en retenons pour votre épargne
Une convention professionnelle donne le ton des offres des mois suivants. Celle de 2026 confirme quatre évolutions, à lire avec prudence.
Si l’une d’elles vous concerne, prenez rendez-vous : nous regarderons ensemble ce qu’elle change, ou non, pour votre situation.
- Le non coté devient accessible avec quelques milliers d’euros, mais il reste illiquide et risqué : il complète un patrimoine déjà diversifié, il ne le remplace pas.
- Les SCPI se tournent vers l’étranger et vers des thématiques comme la santé : regardez les frais d’entrée, la fiscalité des revenus étrangers et l’historique de la société de gestion avant le rendement affiché.
- Les nouveaux PER et les offres d’épargne salariale pour les petites entreprises élargissent les solutions de préparation de la retraite, pour les salariés comme pour les dirigeants.
- Sur un produit structuré, demandez le coût d’entrée total et la rémunération du distributeur : l’étude de l’AMF et de l’ACPR relève des coûts d’entrée de 1,20 % à 13,16 %.
À retenir
- La 33e convention Patrimonia s’est tenue les 30 septembre et 1er octobre 2026 à Lyon : 9 178 professionnels et plus de 400 partenaires-exposants, selon le site officiel.
- Florian Freyssenet (Next Gen Patrimoine) en a recensé les annonces sur LinkedIn ; nous n’en reprenons qu’une sélection, vérifiée à la source, sans aucun rendement annoncé.
- Le non coté (ELTIF, fonds evergreen) s’ouvre aux particuliers dès 500 à 10 000 € selon les fonds, sans rien perdre de ses risques : perte en capital, liquidité limitée, frais.
- Les nouvelles SCPI visent l’étranger et la santé, avec des frais de souscription qui peuvent atteindre 12 % ; CNP Assurances et BNP Paribas Cardif élargissent l’offre retraite et d’épargne salariale.
- Selon l’AMF et l’ACPR, le coût d’entrée d’un produit structuré va de 1,20 % à 13,16 %, 5,83 % en moyenne : une information à demander avant toute souscription.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Patrimonia ?
La convention annuelle des professionnels de la gestion de patrimoine en France, organisée par E.T.A.I. (groupe Infopro Digital). Sa 33e édition s’est tenue les 30 septembre et 1er octobre 2026 au Centre de Congrès de Lyon.
Où lire la liste complète des annonces ?
Dans l’article de Florian Freyssenet publié le 2 octobre 2026 sur LinkedIn, « Les 82 annonces qu’il ne fallait pas louper lors de Patrimonia 2026 », dont le lien figure dans les sources de cet article. Nous n’en reprenons ici qu’une sélection, vérifiée à la source.
Un fonds non coté accessible dès 1 000 € est-il adapté à tous ?
Non. Le ticket d’entrée bas ne change ni le risque de perte en capital, ni la durée pendant laquelle l’argent peut rester immobilisé, ni le niveau des frais. Ces fonds s’étudient au regard de votre patrimoine, de votre horizon et de votre capacité à ne pas récupérer ces sommes avant plusieurs années ; leur adéquation à votre profil doit être vérifiée avant toute souscription.
Pourquoi ne citez-vous pas les rendements annoncés ?
Parce que ce sont des objectifs fixés par les sociétés de gestion, sans garantie. Les reprendre reviendrait à les présenter comme probables. Un objectif n’est pas une performance, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Cet article donne une information générale, à jour au 6 octobre 2026, à partir des annonces publiées par les sociétés citées et de la presse spécialisée. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé ni une recommandation de souscrire l’un des produits mentionnés, que le cabinet n’a pas analysés. Morgen Capital travaille avec plusieurs des sociétés citées (Allianz, BNP Paribas Cardif, Remake et Swiss Life) et peut percevoir une rémunération de leur part. Les placements non cotés, les SCPI et les unités de compte présentent un risque de perte en capital et une liquidité limitée ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Sources (22)
- Florian Freyssenet (Next Gen Patrimoine), « Les 82 annonces qu’il ne fallait pas louper lors de Patrimonia 2026 », LinkedIn — 2 octobre 2026
- Patrimonia — site officiel (chiffres de l’édition 2026) — 6 octobre 2026
- Patrimonia — informations pratiques (dates et lieu) — 6 octobre 2026
- Patrimonia — présentation institutionnelle de l’édition 2026 — 6 octobre 2026
- Patrimonia — mentions légales (E.T.A.I., groupe Infopro Digital) — 6 octobre 2026
- Règlement (UE) 2023/606 du 15 mars 2023 (ELTIF) — 15 mars 2023
- AOF — LBP AM EPM dévoile une nouvelle stratégie axée sur les marchés privés — 29 septembre 2026
- AOF — Peqan lance un fonds d’accès aux géants du private equity mondial — 2 septembre 2026
- Boursier.com — Bpifrance Défense a dépassé les 150 millions d’euros de collecte — 2 octobre 2026
- AOF — Private Corner lance un nouveau fonds de co-investissement avec Ardian — 22 septembre 2026
- AOF — Altaroc lance Altaroc Wealth — 29 septembre 2026
- Profession CGP — Une troisième SCPI pour Remake — 24 septembre 2026
- Tout sur mes finances — Cristal Care, une nouvelle SCPI santé — 17 septembre 2026
- Boursier.com — CNP Assurances accélère sur le marché de la retraite individuelle — 29 septembre 2026
- BNP Paribas Cardif — lancement de Sélect Avenir (communiqué) — 29 septembre 2026
- AOF — Swiss Life intègre les mandats ETF d’Althéis à son offre — 1er octobre 2026
- Planet Fintech — Allianz réunit ses expertises Wealth Management à Patrimonia 2026 — 30 septembre 2026
- Boursier.com — AG2R La Mondiale et Fund Channel s’associent — 30 septembre 2026
- Pôle commun ACPR-AMF — étude des produits structurés (rapport final) — 22 juin 2026
- BNP Paribas Cardif — baromètre du marché des CGP 2026 — 22 septembre 2026
- Groupe Premium — acquisition du Club Adunéa (communiqué) — 30 septembre 2026
- Profession CGP — la CNCGP et l’ARPP — 30 septembre 2026
À lire aussi
Morgen InvestPlafond PER 2026 : calcul, reliquats, couple et règle des 70 ans
Plafond PER 2026 : 10 % des revenus d’activité 2025 (4 710 € à 37 680 €), reliquats 2023 à 2025, report porté à 5 ans, couple, TNS et 70 ans : le calcul pas à pas.
Morgen InvestLe montant idéal à verser sur son PER en 2026 : la méthode
Combien verser sur un PER ? Le bon montant se lit dans votre tranche, pas dans votre plafond : seuils 2026, décote, quotient, sortie. La méthode chiffrée en cinq étapes.
Morgen InvestDeux PER, un pro et un perso : faut-il vraiment en ouvrir deux ?
Un PER pro, un PER perso : ce que la loi permet, ce qu’un second contrat change (plafond, déduction, décès, frais) et quand un seul suffit, en 2026.Et pour vous, concrètement ?
Un article décrit une tendance ; seul un bilan de votre situation dit ce qu’elle change pour vous. Le premier échange est offert.
Prendre rendez-vous