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Plafond PER 2026 : calcul, reliquats, couple et règle des 70 ans
Le plafond de déduction du PER est l’une des règles fiscales les plus mal expliquées : montants de la mauvaise année, reliquats comptés trop loin, plafond des indépendants additionné à tort. Voici ce qui s’applique vraiment aux versements faits en 2026, ce que change la loi de finances pour 2026 (report porté à cinq ans, fin de la déduction à 70 ans), comment lire votre avis d’impôt et comment utiliser vos plafonds sans en perdre un euro.

37 680 €
Plafond maximal de déduction du revenu global pour les versements de 2026 (10 % de huit PASS de 2025, le plafond annuel de la Sécurité sociale, 47 100 € en 2025) ; minimum de 4 710 €
BOFiP BOI-IR-BASE-20-50-20 du 10/08/2026 ; PASS 2025 : 47 100 €
88 911 €
Plafond maximal de déduction du bénéfice d’un indépendant pour un exercice clos en 2026 (PASS 2026 : 48 060 €)
CGI, art. 154 bis ; calcul du cabinet
2023 à 2025
Reliquats utilisables en 2026 : le report sur cinq ans ne vaut que pour les plafonds nés à partir de 2026
BOFiP BOI-IR-BASE-20-50-30, § 80, du 10/08/2026
70 ans
Plus aucune déduction pour les versements faits à partir du 70e anniversaire, depuis le 1er janvier 2026
CGI, art. 163 quinvicies (loi de finances pour 2026, art. 9)
Le plafond PER 2026 en un coup d’œil
Un versement volontaire sur un PER peut se déduire de deux façons : du revenu global (article 163 quatervicies du CGI), ce qui vaut pour tout contribuable, ou du bénéfice professionnel (article 154 bis), ce qui est réservé aux indépendants au réel et aux gérants majoritaires. Chaque voie a son plafond, ses règles de report et ses années de référence. Le plafond ne limite jamais ce que vous pouvez verser : il limite ce que vous pouvez déduire.
| Repère | Revenu global (art. 163 quatervicies) | Bénéfice d’un indépendant (art. 154 bis) |
|---|---|---|
| Qui | Tout contribuable : salarié, retraité, indépendant | Indépendants au réel (BIC, BNC), gérants majoritaires (art. 62) |
| Base | 10 % des revenus d’activité de 2025, nets de frais professionnels | 10 % du bénéfice de 2026, plus 15 % de sa fraction entre un et huit PASS |
| PASS retenu | 2025 : 47 100 € | 2026 : 48 060 € (celui de l’exercice) |
| Minimum | 4 710 € | 4 806 € |
| Maximum | 37 680 € | 88 911 € |
| Plafonds non utilisés | Reportables : 2023 à 2025 en 2026, cinq ans ensuite | Aucun report |
| Couple | Mutualisation sur option (case 6QR) | Non |
| Revenu fiscal de référence | Le versement y est rajouté la même année : il ne le fait pas baisser | Le versement déduit le fait baisser, la même année |
Le calcul : 10 % de vos revenus d’activité de 2025
Votre plafond personnel est égal à 10 % de vos revenus d’activité professionnelle de 2025, retenus dans la limite de huit PASS, avec un minimum de 10 % du PASS, soit 4 710 €. On en retire ensuite l’épargne retraite déjà constituée dans le cadre professionnel (voir plus bas), puis on ajoute les plafonds non utilisés des années précédentes.
Pour un salarié, la base est le salaire imposable, après cotisations sociales et frais professionnels : la déduction forfaitaire de 10 % (au minimum 509 €, au maximum 14 555 € sur les revenus de 2025) ou les frais réels. Opter pour les frais réels réduit donc votre plafond. Avec la déduction forfaitaire, il faut un salaire net imposable d’environ 391 355 € pour atteindre le maximum de 37 680 €.
Pour un indépendant, on retient les bénéfices imposables de 2025 (BIC, BNC, BA), après déduction de ses versements « Madelin » ou PER déduits du bénéfice ; pour un micro-entrepreneur, le chiffre d’affaires après abattement forfaitaire. Les gérants relevant de l’article 62 retiennent leur rémunération après ces mêmes déductions et leurs frais professionnels.
- Comptent : salaires, rémunérations de gérants (art. 62), bénéfices professionnels, revenus micro après abattement.
- Ne comptent pas : pensions de retraite, dividendes, revenus fonciers, plus-values professionnelles à long terme, revenus BIC ou BNC non professionnels.
Ce qui vient en déduction de votre plafond
Le plafond 2026 est diminué de l’épargne retraite professionnelle dont vous avez bénéficié en 2025. C’est pour cela qu’un salarié bien couvert par son entreprise dispose parfois d’un plafond individuel faible.
Exemple, construit à titre d’illustration : une salariée à 60 000 € de salaire net imposable en 2025 retient 54 000 € après la déduction de 10 %, soit une base de 5 400 €. Son entreprise a versé 1 800 € sur un PER obligatoire : son plafond propre à 2026 tombe à 3 600 €. Avec des reliquats de 1 000 € (2023), 2 000 € (2024) et 3 000 € (2025), elle dispose de 9 600 € pour ses versements de 2026.
- Cotisations à un PER obligatoire ou à un contrat « article 83 » : part patronale non imposable et part salariale déductible.
- Abondement de l’employeur sur un PERCO, un PERECO ou un PER obligatoire, dans la limite de son exonération : 7 536 € pour 2025 (16 % du PASS).
- Jours de compte épargne-temps ou de congés versés sur un PER d’entreprise, dans la limite de 10 jours par an.
- Pour un indépendant : ses versements déduits du bénéfice en 2025, hors une fraction égale à 15 % de son bénéfice imposable compris entre un et huit PASS (voir notre article PER TNS ou particulier).
- Ne viennent pas en déduction : les cotisations de prévoyance et les régimes obligatoires (base, Agirc-Arrco, Ircantec, RAFP).
Retraités, sans activité, jeunes : le plancher de 4 710 €
L’absence de revenus d’activité ne supprime pas le droit à déduction : chaque membre du foyer dispose au minimum de 10 % du PASS de l’année précédente, soit 4 710 € pour les versements de 2026, plus ses éventuels reliquats. C’est le cas d’un retraité qui ne déclare que des pensions, d’une personne sans emploi ou d’un conjoint au foyer. Les pensions, elles, n’augmentent pas ce plancher.
Un primo-déclarant sans revenus les années précédentes cumule le plancher de l’année et ceux des trois années antérieures : dans l’exemple officiel de la notice 2041 GX, 17 264 € pour des versements de 2025. Il doit alors reporter lui-même ce montant ligne 6PS de sa déclaration. Depuis le 1er janvier 2024, un PER individuel ne peut plus être ouvert avant 18 ans.
Enfin, depuis le 1er janvier 2026, les versements faits à partir du jour du 70e anniversaire ne sont plus déductibles du tout (article 163 quinvicies du CGI). Ils restent possibles et suivent à la sortie le régime des versements non déduits : en capital, la part correspondant aux versements est exonérée et seuls les gains sont imposés ; en rente, c’est le régime des rentes viagères à titre onéreux.
Les reliquats : 2023 à 2025 en 2026, cinq ans ensuite
La part d’un plafond que vous n’utilisez pas une année n’est pas perdue : elle est reportable. La loi de finances pour 2026 a porté ce report de trois à cinq ans, mais seulement pour les plafonds nés à partir de l’imposition des revenus de 2026. Les plafonds plus anciens gardent leurs trois ans. Le BOFiP du 10 août 2026 en publie le calendrier :
- Versements de 2026 : plafond de l’année, plus les reliquats de 2023, 2024 et 2025.
- Versements de 2027 : reliquats de 2024, 2025 et 2026.
- Versements de 2028 : reliquats de 2025, 2026 et 2027.
- Versements de 2029 : reliquats de 2026, 2027 et 2028.
- Versements de 2030 : reliquats de 2026 à 2029.
- Versements de 2031 : reliquats de 2026 à 2030, la première année où la profondeur de cinq ans est atteinte.
Lire et corriger son avis d’impôt
Votre plafond figure dans la rubrique « Plafond épargne retraite » de votre avis d’impôt, pour chaque déclarant. Selon impots.gouv.fr, l’avis de 2026 affiche deux montants : le « plafond total 2024 », qui est en réalité le plafond des versements faits en 2025, et le « plafond pour les cotisations versées en 2026 », le seul qui compte pour verser cette année. Ce second montant additionne le plafond calculé sur vos revenus de 2025 et vos reliquats.
Si ce chiffre est faux, vous pouvez le recalculer et l’inscrire lignes 6PS, 6PT ou 6PU de votre déclaration : après un mariage, un PACS, un divorce ou un décès, pour un primo-déclarant qui avait déjà travaillé, ou pour une personne à charge qui cotise (l’administration ne calcule le plafond que pour les deux déclarants). Les versements eux-mêmes se déclarent en cases 6NS, 6NT et 6NU, préremplies d’après les informations transmises par votre assureur ou votre banque : vérifiez-les.
En couple : additionner ses plafonds, sur option
Le plafond est individuel. Sans démarche particulière, la part d’un versement qui dépasse le plafond de l’un n’est ni déductible ni reportable, même si l’autre conjoint n’a pas utilisé le sien. Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent en revanche mutualiser leurs plafonds en cochant la case 6QR de la déclaration, chaque année.
Chaque conjoint consomme alors d’abord ses propres plafonds, puis ceux de l’autre, dans le même ordre (année en cours, puis reliquats du plus ancien au plus récent) : la mutualisation entame donc les reliquats du conjoint. Elle n’augmente pas le total du foyer, elle le rend commun. Elle n’est pas ouverte aux concubins ni aux enfants rattachés, et elle devient sans objet à partir de l’imposition des revenus de l’année qui suit les 70 ans de l’un des deux.
Bien utiliser ses plafonds
Un plafond disponible n’est pas une obligation de verser. Le bon montant dépend d’abord de votre tranche d’imposition : c’est l’objet de notre article sur le montant idéal à verser sur son PER, et de notre simulateur PER, qui vous permet de saisir le plafond de votre avis.
- Verser l’année où votre tranche est la plus haute : un reliquat vous laisse le temps, trois à cinq ans selon l’année de naissance du plafond.
- Ne pas dépasser le plafond sans le savoir : la part excédentaire n’est pas déduite, et elle est pourtant imposée au barème lors d’une sortie en capital, comme si elle l’avait été. Pour verser plus, mieux vaut un second versement pour lequel vous renoncez à la déduction auprès de l’assureur, au plus tard au moment du versement (option irrévocable).
- Pas de déficit : la déduction ne peut ni créer ni augmenter un déficit global. Verser une année où votre revenu ne suffit pas à absorber la déduction fait perdre l’avantage fiscal sur la part non imputée, alors qu’elle sera imposée lors d’une sortie en capital.
- Un euro ne se déduit qu’une fois : un versement déduit du bénéfice ne l’est pas aussi du revenu global.
- Indépendant : le plafond du bénéfice est annuel, il se perd s’il n’est pas utilisé.
À retenir
- Pour les versements de 2026, le plafond du revenu global est de 10 % des revenus d’activité de 2025 nets de frais, entre 4 710 € et 37 680 €, moins l’épargne retraite professionnelle de 2025.
- Les reliquats de 2023, 2024 et 2025 s’y ajoutent ; le report sur cinq ans ne vaut que pour les plafonds nés à partir de 2026, et ne sera complet qu’en 2031.
- Retraités et personnes sans activité disposent du plancher de 4 710 € ; les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026.
- En couple, la mutualisation se demande chaque année (case 6QR) ; elle rend les plafonds communs sans les augmenter.
- Les indépendants disposent en plus d’un plafond sur leur bénéfice, jusqu’à 88 911 € en 2026, mais il n’est pas reportable.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?
Pour les versements de 2026, le plafond de déduction du revenu global est de 10 % de vos revenus d’activité de 2025, nets de frais professionnels, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Il est diminué de l’épargne retraite professionnelle de 2025 et augmenté des reliquats de 2023 à 2025. Un indépendant dispose en plus d’un plafond sur son bénéfice, de 4 806 € à 88 911 € pour un exercice clos en 2026.
Le plafond PER limite-t-il le montant que je peux verser ?
Non. Vous pouvez verser autant que vous le souhaitez ; seule la déduction est plafonnée. Pour épargner au-delà, mieux vaut verser l’excédent séparément, en renonçant à la déduction pour ce versement auprès de l’assureur : sans cette option, il serait imposé à la sortie en capital sans avoir été déduit.
Pourquoi le plafond 2026 se calcule-t-il avec le PASS de 2025 ?
Parce que la loi calcule le plafond d’une année sur les revenus de l’année précédente, avec le plafond de la Sécurité sociale de cette même année précédente. Les versements de 2026 dépendent donc des revenus et du PASS de 2025 (47 100 €), d’où 4 710 € et 37 680 €.
Puis-je encore utiliser mon plafond non utilisé de 2021 ou 2022 ?
Non. En 2026, seuls les reliquats de 2023, 2024 et 2025 sont utilisables. Le report sur cinq ans ne concerne que les plafonds nés à partir de 2026 : il ne fait pas revivre les plus anciens.
Je suis retraité : ai-je droit à un plafond PER ?
Oui, au minimum 4 710 € pour les versements de 2026, plus vos éventuels reliquats, même si vous ne déclarez que des pensions. En revanche, depuis le 1er janvier 2026, les versements faits à partir de votre 70e anniversaire ne sont plus déductibles.
Comment profiter du plafond de mon conjoint ?
Si vous êtes mariés ou pacsés et imposés ensemble, cochez la case 6QR de votre déclaration : vos plafonds sont mutualisés pour l’année. Chacun consomme d’abord les siens, puis ceux de l’autre.
Où trouver mon plafond sur mon avis d’impôt ?
Dans la rubrique « Plafond épargne retraite », à la ligne « plafond pour les cotisations versées en 2026 ». Ne vous fiez pas au « plafond total 2024 », qui correspond aux versements de 2025.
Mon PER d’entreprise réduit-il le plafond de mon PER individuel ?
Oui, pour les cotisations d’un PER obligatoire ou d’un contrat « article 83 », pour l’abondement de l’employeur dans sa limite d’exonération et pour les jours de compte épargne-temps versés, dans la limite de 10 jours par an. Vos versements volontaires sur un PER d’entreprise, eux, consomment le même plafond que ceux d’un PER individuel.
Cet article donne une information générale, à jour au 28 septembre 2026. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les exemples chiffrés reposent sur le barème de l’impôt 2026 (revenus 2025), le dernier connu, pris comme hypothèse pour des versements faits en 2026 : ils seront imposés selon le barème de la loi de finances pour 2027. Un versement sur un PER s’étudie au regard de votre situation, de votre horizon et de vos revenus attendus à la retraite. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.
Sources (12)
- Légifrance — Code général des impôts, art. 163 quatervicies (version en vigueur depuis le 21/02/2026) — 21 février 2026
- Légifrance — Code général des impôts, art. 163 quinvicies (versements à partir de 70 ans) — 1er janvier 2026
- Légifrance — Code général des impôts, art. 154 bis
- BOFiP — BOI-IR-BASE-20-50-20 : limite de déduction des cotisations d’épargne retraite — 10 août 2026
- BOFiP — BOI-IR-BASE-20-50-30 : report des limites non utilisées et mutualisation — 10 août 2026
- BOFiP — BOI-IR-BASE-20-50-10 : versements déductibles et option pour la non-déduction — 10 août 2026
- BOFiP — BOI-RSA-PENS-30-10-20 : imposition des prestations de retraite en capital — 10 août 2026
- impots.gouv.fr — Notice 2041 GX 2026 : épargne retraite, calcul du plafond
- impots.gouv.fr — Brochure pratique IR 2026, charges déductibles du revenu global
- impots.gouv.fr — Que signifie la rubrique « plafond épargne retraite » de mon avis ? — 7 juillet 2026
- URSSAF — Plafonds de la Sécurité sociale (PASS 2025 et 2026) — 1er janvier 2026
- Légifrance — Code général des impôts, art. 1417 (revenu fiscal de référence) — 1er juillet 2026
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