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Moto, scooter et mobilité légère : assurer l’engin, et d’abord celui qui le conduit.
Moto, scooter, trottinette électrique, gyroroue ou gyropode : dès qu’un engin avance par la force de son moteur, la responsabilité civile est obligatoire — le vélo à assistance électrique conforme mis à part. Mais sur deux roues, le premier risque est corporel, et c’est le conducteur qui le porte. Nous vérifions que votre contrat couvre ce risque-là, en plus des dommages causés aux autres.
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L’essentiel
Ce que c’est
L’assurance des deux-roues motorisés — cyclomoteurs, scooters, motos — et des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) : trottinettes électriques, gyroroues, gyropodes, hoverboards.
L’obligation
Tout véhicule terrestre à moteur doit être assuré en responsabilité civile (article L211-1 du Code des assurances). Les EDPM en font partie ; le texte n’en exclut expressément que le fauteuil roulant automoteur d’une personne handicapée. Le vélo à assistance électrique conforme relève, lui, des cycles.
Le vrai sujet
Sur deux roues, pas de carrosserie : la garantie du conducteur et celle des équipements de protection font souvent davantage pour vous que la garantie de l’engin lui-même.
La mobilité légère
Une trottinette électrique n’est pas couverte d’office par l’assurance habitation : il faut le vérifier au contrat, ou souscrire une extension ou une assurance dédiée.
Comment ça fonctionne : de la trottinette à la moto
Trottinettes, gyroroues, gyropodes : les EDPM
Le Code de la route les définit depuis le décret du 23 octobre 2019 : un véhicule sans place assise, conçu pour une seule personne, à moteur non thermique, dont la vitesse maximale par construction dépasse 6 km/h sans excéder 25 km/h. Leur conducteur doit avoir au moins 14 ans depuis le décret du 31 août 2023. Un engin débridé au-delà de 25 km/h change de catégorie : il devient un cyclomoteur, avec immatriculation, assurance deux-roues motorisé et casque.
Les règles de circulation, qui comptent aussi pour l’assurance
En agglomération, un EDPM circule sur les pistes cyclables, à défaut sur les routes limitées à 50 km/h ; le trottoir est interdit sauf autorisation du maire. Une seule personne à bord, pas d’écouteurs, un équipement rétro-réfléchissant la nuit ou par visibilité insuffisante, et le casque là où il est imposé : sur les routes à 80 km/h ouvertes aux EDPM, à Paris et dans plusieurs départements. Ces règles ne sont pas qu’une affaire d’amende : la loi du 5 juillet 1985 prévoit que la faute d’un conducteur peut limiter ou exclure l’indemnisation de ses propres dommages.
Scooter et moto : les mêmes étages qu’en auto
Responsabilité civile obligatoire, puis vol, incendie, dommages à l’engin, assistance et protection juridique. Le bonus-malus réglementaire s’applique aux motos ; il ne s’applique pas, sauf clause contraire, aux cyclomoteurs ni aux motocyclettes légères de 125 cm³ au plus, pour lesquels chaque assureur fixe ses propres règles.
La garantie du conducteur
La responsabilité civile indemnise les autres et votre passager, pas le conducteur responsable ni celui qui chute seul. La garantie du conducteur prend le relais : frais médicaux, incapacité, invalidité, décès, dans la limite d’un plafond et souvent au-delà d’un seuil d’intervention. Ce sont ces deux chiffres qui distinguent un contrat utile d’un contrat d’affichage.
Équipements et vol
Casque homologué et gants conformes sont obligatoires pour le conducteur comme pour le passager d’une moto, d’un scooter ou d’un cyclomoteur (articles R431-1 et R431-1-2 du Code de la route). Une garantie équipements indemnise, selon ses plafonds, le casque, les gants, le blouson ou le gilet airbag abîmés dans un accident. La garantie vol peut être subordonnée à des mesures de prévention — antivol, lieu de stationnement — à lire avant de signer.
Hors de France
Depuis l’ordonnance du 6 décembre 2023, les assureurs ne sont plus tenus de couvrir les dommages causés à l’étranger par une trottinette électrique ou un engin assimilé ; l’obligation d’assurance, elle, est maintenue en France. La couverture hors de France dépend donc du contrat : à vérifier avant de voyager avec l’engin. Pour une moto ou un scooter, la responsabilité civile s’étend aux autres pays de l’Union européenne.
Pour qui ?
Usager de trottinette ou de gyroroue
Trajets quotidiens, engin personnel ou de location : la responsabilité civile est obligatoire, et la casse ou le vol de l’engin ne sont couverts que si vous les avez assurés.
Automobiliste qui passe au 125
Permis B depuis deux ans et formation de 7 heures : c’est la condition pour conduire une motocyclette légère. Un nouvel engin, un nouveau contrat, et une garantie du conducteur à ne pas négliger.
Motard confirmé
Grosse cylindrée, usage de loisir ou toute l’année, garage fermé ou stationnement dans la rue : autant de paramètres qui déplacent la prime et le niveau de garanties utile.
Parent d’un adolescent
Trottinette électrique dès 14 ans, cyclomoteur ensuite : l’engin doit être assuré avant le premier trajet, et la protection corporelle du jeune conducteur mérite d’être examinée à part.
Fiscalité : le seul cas qui compte
- Usage privé — la prime d’un deux-roues ou d’un EDPM personnel est une dépense personnelle, sans déduction.
- Frais réels au barème kilométrique — si vous déduisez vos trajets professionnels en deux-roues motorisé avec le barème kilométrique, celui-ci tient déjà compte des primes d’assurance et des frais d’achat des casques et protections : ni l’un ni l’autre ne se déduit en plus (BOFiP, BOI-RSA-BASE-30-50-30-20, § 400).
La fiscalité dépend de votre situation individuelle et de la législation en vigueur, susceptible d’évoluer. Arbitrage frais réels ou abattement forfaitaire à valider selon votre situation.
Avantages, limites et coût
Ce qu’une couverture bien construite apporte
- Les victimes indemnisées — piétons, autres usagers et passager, sans que la charge d’un accident grave vous revienne personnellement.
- Votre propre indemnisation — même responsable, même seul en cause, grâce à la garantie du conducteur.
- L’équipement remplacé — casque, gants, blouson, dans la limite des plafonds de la garantie équipements.
- Une certitude pour la mobilité légère — au lieu de supposer que l’assurance habitation couvre la trottinette.
Les limites et points de vigilance
- Assurance habitation — elle ne couvre pas toujours un engin motorisé : à vérifier au contrat, jamais à supposer.
- Débridage — un EDPM modifié au-delà de 25 km/h devient un cyclomoteur : il lui faut alors une immatriculation et une assurance deux-roues motorisé.
- Libre-service — pour une trottinette de location, ce sont les conditions d’assurance du contrat de location qui s’appliquent.
- Exclusions — conduite sans permis valable, sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants, faute intentionnelle, circulation sur circuit : elles figurent au contrat et vous privent de vos propres garanties. En responsabilité civile, certaines ne sont pas opposables aux victimes, comme le défaut de permis : l’assureur les indemnise, puis se retourne contre le responsable (article R211-13 du Code des assurances).
- Chute seule — sans garantie personnelle, les dommages à l’engin et à votre équipement restent à votre charge.
- Pas de rétractation à distance — un contrat auto ou moto souscrit en ligne ou par téléphone est ferme dès la souscription.
Le coût
- Une prime individuelle — elle dépend de l’engin, de sa cylindrée et de sa puissance, du profil et de l’expérience du conducteur, de l’usage, du stationnement et des garanties choisies.
- Des règles propres aux petites cylindrées — sous 125 cm³, chaque assureur applique sa propre tarification de l’historique, sauf clause reprenant le bonus-malus réglementaire.
- Des économies indicatives — toute économie annoncée reste une estimation indicative selon profil.
Garanties, exclusions, franchises, plafonds et conditions de prévention du vol : conditions détaillées dans la fiche d’information sur le prix et les garanties et dans la notice d’information remises avant toute souscription.
Notre approche
Les deux-roues et les engins de mobilité légère sont souvent les angles morts d’un foyer bien assuré par ailleurs. Nous les faisons entrer dans la revue d’ensemble.
- Recenser chaque engin — motos, scooters, trottinettes et gyroroues du foyer, y compris ceux des enfants.
- Vérifier ce que couvre déjà l’existant — assurance habitation, garantie accidents de la vie, contrat de location : on vérifie avant d’ajouter, pour ne pas payer deux fois.
- Dimensionner la garantie du conducteur — plafond, seuil d’intervention, postes indemnisés, cohérence avec votre prévoyance.
- Mettre en concurrence — plusieurs assureurs comparés à garanties équivalentes, conditions de prévention du vol comprises.
- Suivre — passage au 125, achat d’une moto, premier engin d’un adolescent : chaque étape se prépare avant le premier trajet.
Morgen Capital est courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS, en courtage multi-assureurs : notre conseil repose sur une analyse objective d’un nombre suffisant de contrats du marché, après recueil de vos exigences et de vos besoins — voir nos agréments et notre modèle de rémunération, présenté avant toute souscription.
Vos questions sur l’assurance moto et mobilité légère
Une trottinette électrique doit-elle être assurée ?
Oui. La trottinette électrique, comme la gyroroue, le gyropode ou l’hoverboard, est un engin de déplacement personnel motorisé : un véhicule terrestre à moteur au sens de l’article L211-1 du Code des assurances, qui impose une assurance de responsabilité civile. L’ordonnance du 6 décembre 2023, qui a transposé la directive européenne sur l’assurance automobile, a maintenu cette obligation en France. Circuler sans assurance est un délit puni de 3 750 € d’amende. Pour une trottinette en libre-service, ce sont les conditions d’assurance du contrat de location qu’il faut vérifier.
Mon assurance habitation couvre-t-elle ma trottinette ?
Pas nécessairement. La responsabilité civile de l’assurance habitation ne couvre pas toujours un engin motorisé : si le contrat ne le prévoit pas expressément, il faut une extension de garantie ou une assurance dédiée. À l’inverse, un vélo à assistance électrique conforme — moteur de 250 W au plus, assistance coupée à 25 km/h — relève des cycles et n’est soumis à aucune obligation d’assurance, même si une responsabilité civile reste fortement recommandée. Le vélo électrique rapide, dit speedbike, est un cyclomoteur : il doit être immatriculé et assuré.
Quel justificatif d’assurance pour un engin non immatriculé ?
Depuis le 1er avril 2024, la carte verte a disparu pour les véhicules immatriculés, dont l’assurance se vérifie dans le fichier des véhicules assurés. Les véhicules non immatriculés soumis à l’obligation d’assurance, comme les engins de déplacement personnel motorisés, restent soumis à l’ancien régime : l’assureur délivre, dans les quinze jours suivant la souscription ou le renouvellement, un certificat à apposer sur l’engin et une attestation à présenter en cas de contrôle. Faute de pouvoir les produire, l’amende est de 35 €, ou de 135 € si le document n’est pas présenté dans le délai de cinq jours accordé par les forces de l’ordre.
Le bonus-malus s’applique-t-il à un scooter ?
Cela dépend de sa catégorie. La clause réglementaire de bonus-malus ne s’applique pas, sauf clause contraire du contrat, aux cyclomoteurs ni aux motocyclettes légères, c’est-à-dire les deux-roues de 125 cm³ au plus : chaque assureur y applique ses propres règles de tarification. Au-delà, pour une moto, le bonus-malus réglementaire s’applique comme en auto. Dans tous les cas, le relevé d’informations de votre assureur retrace vos sinistres : il sert à faire valoir votre historique en changeant d’assureur.
Peut-on conduire un 125 avec le permis B ?
Oui, à deux conditions : être titulaire du permis B depuis au moins deux ans et avoir suivi une formation pratique de 7 heures dans une école de conduite. En sont dispensés les titulaires d’un permis B obtenu avant mars 1980 avec l’équivalence A1, et ceux qui ont conduit une motocyclette légère ou un scooter à trois roues entre 2006 et 2010, attesté par un relevé d’informations de leur assureur. Attestation de formation ou relevé d’informations : c’est ce document qu’il faut présenter avec le permis lors d’un contrôle, et le signaler à l’assureur à la souscription.
Suis-je couvert si je tombe seul ?
Pas par la responsabilité civile, qui n’indemnise que les autres. Après une chute sans tiers responsable, au-delà des remboursements de l’Assurance maladie et de votre complémentaire santé, vos blessures ne sont indemnisées que par une garantie du conducteur — ou, selon ses conditions, une garantie accidents de la vie —, et les dommages à l’engin ou à votre casque que par une garantie dommages ou équipements que vous auriez souscrite. C’est le scénario que les contrats minimaux laissent à votre charge.
Architecture ouverte
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Un inventaire des engins du foyer et de leurs contrats, pour vérifier que chacun est couvert — et que celui qui le conduit l’est aussi. Le bilan est offert.
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