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Club deals immobiliers
Co-investir à quelques-uns dans une opération immobilière identifiée, aux côtés d’un opérateur spécialisé. Un placement non coté et illiquide, qui expose à un risque de perte en capital et ne doit représenter qu’une fraction du patrimoine.
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De quoi parle-t-on ?
Un club deal immobilier réunit un petit nombre d’investisseurs autour d’une seule opération : l’acquisition, la restructuration ou la revente d’un actif précis. Les fonds transitent le plus souvent par une société créée pour l’occasion, SAS ou SCI, dont les investisseurs deviennent associés ou, parfois, créanciers obligataires. Un opérateur, appelé sponsor, trouve l’actif, pilote le projet et organise la sortie. Le ticket d’entrée est élevé, l’horizon est fixé à l’avance mais peut glisser, et les titres ne se revendent pas facilement.
Comment ça fonctionne
- Un opérateur identifie l’actif — Le sponsor repère un immeuble, un plateau de bureaux ou des murs commerciaux, négocie le prix et construit un business plan : travaux, relocation, calendrier et scénario de sortie.
- Une société dédiée est constituée — Une SAS ou une SCI ad hoc porte l’actif ; les investisseurs souscrivent à son capital, parfois à des obligations. Une SAS ne peut pas faire d’offre au public de ses titres hors des exceptions légales : l’offre vise des investisseurs qualifiés ou un cercle restreint de moins de 150 personnes agissant pour leur compte.
- La gouvernance encadre l’opération — Statuts et pacte d’associés fixent les pouvoirs du sponsor, les décisions réservées aux associés, le reporting, la rémunération de l’opérateur et le sort des titres en cas de difficulté. C’est là que se joue l’alignement d’intérêts.
- La sortie clôt le club deal — À l’échéance prévue, l’actif est revendu ou refinancé, la société distribue le produit net puis est liquidée. Si le marché ou les travaux prennent du retard, la sortie est décalée : aucune date de remboursement n’est acquise.
Pour qui ?
Patrimoines déjà diversifiés
Des investisseurs qui disposent déjà d’une épargne de précaution et d’une base immobilière, et peuvent immobiliser une somme significative sans en avoir besoin avant plusieurs années.
Investisseurs qui veulent connaître l’actif
Ceux qui préfèrent voir l’immeuble, le quartier et le plan de travaux plutôt que détenir une quote-part d’un large portefeuille mutualisé.
Dirigeants et holdings
Des chefs d’entreprise qui investissent via une société soumise à l’IS. À noter : depuis le 21 février 2026, un club deal immobilier n’est en principe plus un support de remploi au titre de l’apport-cession.
Profils à forte tolérance au risque
Des personnes qui acceptent une perte partielle ou totale du capital investi et la concentration du risque sur une seule opération.
Comparé aux SCPI et à l’immobilier en direct
| Critère | Club deals immobiliers | SCPI | Immobilier en direct |
|---|---|---|---|
| Nature de l’investissement | Titres d’une société dédiée à une opération | Parts d’un fonds immobilier réglementé | Propriété directe du bien |
| Encadrement | Véhicule sans agrément propre, sauf s’il relève du régime des FIA ; opérateur agréé ou non | Société de gestion agréée par l’AMF, visa de l’AMF | Droit commun de la vente et du bail |
| Diversification | Un actif, un projet | Portefeuille mutualisé de plusieurs immeubles et locataires | Un bien, sauf à en acquérir plusieurs |
| Ticket d’entrée | Élevé, fixé par l’opérateur | Accessible, au prix d’une part | Prix du bien, souvent financé à crédit |
| Liquidité | Très faible avant la sortie | Non assurée : un retrait peut attendre une contrepartie sans délai connu | Revente du bien, au rythme d’une transaction immobilière |
| Horizon | Calendrier indicatif du business plan, susceptible de glisser | Long terme | Libre, au choix du propriétaire |
| Gestion | Déléguée au sponsor, associés consultés sur les décisions clés | Entièrement déléguée à la société de gestion | À la charge du propriétaire ou d’un mandataire |
| Revenus | Souvent concentrés à la sortie, selon l’opération | Distributions périodiques, de niveau variable | Loyers, après charges et vacance |
| Fiscalité | Selon le véhicule : IS puis prélèvement forfaitaire unique, ou revenus fonciers et plus-values immobilières | Revenus fonciers et plus-values immobilières en détention directe des parts | Revenus fonciers ou meublés, plus-values immobilières des particuliers |
| Contrôle de l’investisseur | Information sur un actif précis, pouvoir limité aux décisions d’associés | Aucun choix des actifs | Contrôle total |
Fiscalité : les grands principes
- SAS soumise à l’IS : la société est imposée sur ses résultats. Les dividendes et les plus-values de cession de titres perçus par une personne physique relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu plus les prélèvements sociaux, sauf option pour le barème progressif. La CSG sur ces revenus du patrimoine et produits de placement est passée de 9,2 % à 10,6 % (LFSS 2026, art. 12).
- Obligations émises par la société : les intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers, soumis au même régime du prélèvement forfaitaire unique.
- SCI à l’impôt sur le revenu : chaque associé est imposé sur sa quote-part, en revenus fonciers pour les loyers, et selon le régime des plus-values immobilières des particuliers à la revente : 19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention qui ne jouent qu’à partir de la 6e année. Revenus fonciers et plus-values immobilières restent à 9,2 % de CSG.
- Achat pour revendre : une société civile qui se livre à des opérations commerciales, comme l’achat-revente habituel d’immeubles, devient passible de l’IS (art. 206 du CGI) ; le choix du véhicule dépend donc de la nature de l’opération.
- Détention des titres : les titres de la société sont détenus en direct ou inscrits sur un compte-titres ; ils suivent la fiscalité de droit commun décrite ci-dessus, sans avantage fiscal spécifique.
- Apport-cession (art. 150-0 B ter du CGI) : pour les cessions de titres apportés réalisées depuis le 21 février 2026, le remploi porte sur 70 % du produit dans un délai de trois ans, et les sociétés exerçant des activités immobilières ou de construction d’immeubles en vue de leur vente ou de leur location en sont exclues. Un club deal immobilier n’est donc plus, en principe, un support de remploi ; les cessions antérieures restent régies par l’ancienne rédaction. À faire valider au cas par cas par un avocat fiscaliste.
- IFI : les parts ou actions de sociétés entrent en principe dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière pour la fraction de leur valeur représentative de biens immobiliers (art. 965 du CGI), sous réserve d’exclusions à analyser selon l’activité de la société et le niveau de participation.
La fiscalité dépend de votre situation individuelle et de la législation en vigueur, susceptible d’évoluer. Chaque opération fait l’objet d’une étude personnalisée avant toute recommandation.
Les risques, sans détour
Perte en capital
Le capital n’est pas protégé. Un dépassement de budget, une revente sous le prix espéré ou la défaillance de la société peuvent entraîner une perte partielle ou totale.
Illiquidité
Les titres d’une SAS ou les parts d’une SCI non cotée n’ont pas de marché. Sortir avant la fin de l’opération suppose de trouver un acquéreur, souvent avec l’agrément des autres associés, et d’accepter une décote.
Exécution et travaux
Autorisations d’urbanisme, entreprises, délais de chantier, relocation : chaque étape du business plan peut prendre du retard ou coûter plus cher que prévu.
Marché
Le prix de revente dépend des taux, de la demande locative et de l’appétit des acheteurs au moment de la sortie, que personne ne maîtrise.
Concentration
Une seule opération, un seul actif, souvent un seul marché local : il n’y a pas la mutualisation d’un fonds ou d’une SCPI.
Dépendance au sponsor
Le résultat repose sur la compétence, la solidité financière et la loyauté de l’opérateur. Sa défaillance peut bloquer le projet.
Risque réglementaire
Un club deal qui répond à la définition d’un fonds d’investissement alternatif doit être géré par une société agréée. Le 9 septembre 2025, la commission des sanctions de l’AMF a infligé une amende de 400 000 € à une société de gestion dont deux club deals ont été qualifiés d’« autres FIA ».
Investissement non coté et illiquide, qui présente un risque de perte partielle ou totale du capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Comment nous sélectionnons une opération
- Identité et statut de l’opérateur : société de gestion agréée ou non, vérification sur les registres de l’AMF et de l’ORIAS, historique d’opérations vérifiable, états financiers.
- Qualification juridique du véhicule : analyse du risque de requalification en FIA et respect du régime de l’offre (investisseurs qualifiés ou cercle restreint de moins de 150 personnes).
- Documentation complète : statuts, pacte d’associés, business plan chiffré, audits technique, juridique et environnemental de l’actif, accès à la data room.
- Hypothèses du business plan confrontées à des références de marché extérieures : prix d’acquisition, budget de travaux, loyers, délai de relocation, prix de sortie.
- Structure financière : part de dette bancaire, sûretés consenties, rang des investisseurs, scénario en cas de hausse des taux ou de retard.
- Alignement d’intérêts : co-investissement du sponsor, niveau et mode de sa rémunération (frais d’entrée, de gestion, intéressement à la performance), rétrocessions éventuelles perçues par le cabinet et communiquées au client.
- Gouvernance et reporting : décisions soumises aux associés, fréquence et contenu des comptes rendus, clauses de sortie, sort des titres en cas de décès ou de désaccord.
- Adéquation au client évaluée avant toute recommandation : poids de l’opération dans le patrimoine, besoin de liquidité, connaissance et expérience, tolérance aux pertes.
Vos questions
Un club deal est-il accessible à tous les épargnants ?
Non. Une SAS ne peut pas faire d’offre au public de ses titres hors des exceptions légales : l’opération s’adresse à des investisseurs qualifiés ou à un cercle restreint de moins de 150 personnes agissant pour leur compte. Le ticket d’entrée élevé et le niveau de risque la réservent en pratique à des patrimoines déjà constitués.
Quelle différence avec une SCPI ?
La SCPI est un fonds réglementé, géré par une société agréée par l’AMF, qui mutualise de nombreux immeubles. Le club deal porte sur une opération unique, dans une société ad hoc : l’investisseur connaît précisément l’actif, mais concentre son risque et renonce à toute liquidité jusqu’à la sortie.
Peut-on sortir avant la fin de l’opération ?
Rarement, et jamais de droit. Il faut trouver un acquéreur pour ses titres, souvent avec l’agrément des autres associés, et accepter une décote. La somme doit être considérée comme immobilisée jusqu’à la revente de l’actif, qui peut elle-même être retardée.
Un club deal peut-il servir au remploi d’un apport-cession ?
Pour les cessions de titres apportés réalisées depuis le 21 février 2026, les sociétés à activité immobilière sont exclues du remploi prévu à l’article 150-0 B ter du CGI. Un club deal immobilier n’est donc plus, en principe, un support éligible. Chaque situation doit être validée avec un avocat fiscaliste.
Quel rendement peut-on attendre ?
Aucun rendement n’est acquis. Le résultat dépend de l’exécution du projet et du marché à la sortie ; une perte partielle ou totale est possible. L’AMF le rappelle : « il n’existe pas de rendement élevé sans risque élevé ».
Comment le cabinet est-il rémunéré sur ces opérations ?
Morgen Capital peut percevoir des rétrocessions de la part des opérateurs dont il présente les opérations. Leur existence et leur montant doivent être portés à la connaissance du client avant toute souscription.
Guide gratuità paraître
Les club deals immobiliers : investir à plusieurs dans une opération
- Comprendre comment une opération est montée, de l’acquisition à la revente
- Savoir lire une note d’opération : hypothèses, levier, calendrier, frais
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Le crowdfunding immobilier : financer une opération via une plateforme agréée
- Vérifier en quelques minutes qu’une plateforme est agréée par l’AMF ou une autre autorité européenne
- Lire une fiche d’informations clés sur l’investissement et repérer ce qui compte
Architecture ouverte
Nos partenaires clés pour cette solution
Nous ne distribuons pas un catalogue : chaque opération est comparée à d’autres avant toute recommandation.
Pour aller plus loin
Sources (15)
- Légifrance — Code de commerce, art. L227-2 (offre au public interdite aux SAS, sauf exceptions) — consulté le 23/09/2026
- Légifrance — Code monétaire et financier, art. L411-2 (investisseurs qualifiés, cercle restreint) — version en vigueur depuis le 24/12/2021
- Légifrance — Code monétaire et financier, art. D411-4 (seuil du cercle restreint : 150) — version en vigueur depuis le 31/10/2019
- Légifrance — Code monétaire et financier, art. L214-24 (définition des FIA) — consulté le 23/09/2026
- AMF — Communiqué de la commission des sanctions : amende de 400 000 € à Eternam, club deals qualifiés d’autres FIA — 09/09/2025
- AMF / INC — Fiche « Investir dans les placements atypiques » — septembre 2018
- AMF — Journal de bord du médiateur : délai d’exécution d’une demande de retrait de SCPI — 06/03/2024
- impots.gouv.fr — Brochure IR 2026, principales nouveautés (CSG à 10,6 %, PFU 12,8 %, 150-0 B ter) — 2026
- Service-Public — Plus-value immobilière : taux et abattements pour durée de détention — mis à jour le 15/04/2026
- Légifrance — CGI, art. 150-0 B ter (apport-cession) — version du 21/02/2026
- Légifrance — CGI, art. 199 terdecies-0 A (activités exclues, dont activités immobilières) — version du 21/02/2026
- BOFiP — Actualité : aménagements de l’article 150-0 B ter (LF 2026, art. 11) — 10/08/2026
- Légifrance — CGI, art. 206 (sociétés civiles passibles de l’IS) — consulté le 23/09/2026
- Légifrance — CGI, art. 965 (IFI, parts et actions de sociétés) — consulté le 23/09/2026
- Braxton AM — Paris 17e : Katch IG et Braxton AM s’offrent le 7 avenue Carnot (club deal, repositionnement) — 05/12/2025
Une opération se juge dans votre patrimoine, pas seule.
Poids dans le patrimoine, besoin de liquidité, tolérance aux pertes : nous en parlons avant toute recommandation. Premier échange offert.
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