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Compte-titres de société : investir la trésorerie d’une holding, en France ou au Luxembourg.

Une holding patrimoniale ou une société soumise à l’impôt sur les sociétés peut détenir en direct actions, obligations et parts de fonds sur un compte-titres ouvert à son nom. Tout se joue sur la fiscalité de l’IS, qui n’a rien de commun avec celle d’un particulier : régime mère-fille, plus-values sur titres de participation, imposition annuelle des fonds. Le dépositaire peut être français ou luxembourgeois — sans que cela change l’impôt.

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L’essentiel

Ce que c’est

Un compte-titres ouvert au nom d’une personne morale : actions, obligations, fonds, produits structurés, sans plafond. Le PEA, réservé aux particuliers, n’est pas accessible à une société.

Pour qui

Holdings patrimoniales, sociétés d’exploitation dotées d’une trésorerie excédentaire durable, sociétés civiles soumises à l’IS, familles organisées en société.

La fiscalité

L’impôt sur les sociétés au taux normal de 25 %, ou de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour une PME éligible (article 219 du CGI), avec des règles propres aux dividendes, aux plus-values et aux fonds.

La conservation

Les titres restent la propriété de la société, séparés des actifs de la banque. Si des titres avaient disparu, garantie du FGDR en France ou du SIIL au Luxembourg, dans leurs conditions et plafonds.

La fiscalité à l’IS : six règles à connaître

Une société ne connaît ni le prélèvement forfaitaire unique, ni l’abattement de 40 % sur les dividendes : ses revenus et ses plus-values entrent dans son résultat, avec des régimes particuliers qui changent tout selon la nature des titres.

Les dividendes d’un portefeuille

Hors régime des sociétés mères, les dividendes perçus entrent dans le résultat de l’exercice et supportent l’impôt sur les sociétés au taux de la société : 25 %, ou 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour une PME dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu de manière continue à 75 % au moins par des personnes physiques, directement ou par une société répondant aux mêmes conditions.

Le régime mère-fille

Avec au moins 5 % du capital de la filiale, des titres nominatifs ou déposés dans un établissement désigné par l’administration, et conservés deux ans, les dividendes sont exonérés, hormis une quote-part de frais et charges de 5 % réintégrée au résultat — 1 % dans un groupe intégré ou une situation équivalente dans l’Union européenne ou l’EEE (articles 145 et 216 du CGI). Sur 100 000 € de dividendes, 5 000 € sont ainsi réintégrés, soit 1 250 € d’impôt au taux normal.

Les plus-values sur titres de participation

Cédés après deux ans de détention au moins, les titres de participation relèvent du long terme : taux de 0 %, mais une quote-part de frais et charges de 12 % du montant brut des plus-values entre dans le résultat (articles 39 duodecies et 219 du CGI). Sur 100 000 € de plus-value, 12 000 € sont réintégrés, soit 3 000 € d’impôt au taux normal. Les sociétés à prépondérance immobilière suivent des règles propres.

Les plus-values sur titres de placement

Les titres qui ne relèvent pas du régime des titres de participation — la plupart des lignes d’un portefeuille de placement — dégagent à leur cession des plus-values imposées au taux de droit commun de l’impôt sur les sociétés.

Les fonds : l’article 209-0 A

Les parts d’OPC détenues par la société sont évaluées à leur valeur liquidative à chaque clôture : l’écart de l’exercice entre dans le résultat imposable, même sans cession. Exceptions : les OPC investis de façon constante à 90 % au moins en actions de sociétés de l’Union européenne soumises à l’impôt sur les sociétés, et certains fonds de capital-investissement conservés cinq ans.

Une qualification sécurisée depuis 2026

La loi de finances pour 2026 permet d’inscrire les titres de participation qui remplissent les conditions du long terme dans une subdivision spéciale, « titres relevant du régime des plus-values à long terme » : cette inscription fait présumer, de façon irréfragable, l’application de ce régime, pour les exercices clos à compter du 31/12/2025 (BOFiP, 22/07/2026).

Chaque régime a ses conditions — nature et qualification comptable des titres, seuils de détention, durée de conservation. La fiscalité dépend de la situation de la société et de la législation en vigueur, susceptible d’évoluer : le traitement se valide avec son expert-comptable. Les montants cités illustrent le mécanisme ; ils ne préjugent d’aucun résultat.

En France ou au Luxembourg : où conserver les titres ?

Le lieu de conservation ne change pas l’impôt de la société. Il change la banque, son offre, son service, et le régime de protection des avoirs.

Un dépositaire français

Les titres sont conservés par une banque ou une entreprise d’investissement établie en France : la société en reste propriétaire, l’établissement n’en a que la garde. Si des titres avaient disparu et ne pouvaient être restitués, la garantie des titres du FGDR couvre jusqu’à 70 000 € par client et par établissement, entreprises de toute taille comprises, hors entités du secteur financier. Les espèces du compte relèvent de la garantie des dépôts, jusqu’à 100 000 €, si l’établissement est une banque, et de la garantie des titres, jusqu’à 70 000 €, s’il s’agit d’une entreprise d’investissement.

Un dépositaire luxembourgeois

Au Luxembourg, sous la supervision de la CSSF, les titres détenus pour le compte des clients n’entrent pas dans la masse de liquidation d’une banque défaillante et doivent leur être restitués. S’ils avaient disparu, le Système d’indemnisation des investisseurs Luxembourg (SIIL) couvre jusqu’à 20 000 € par personne et par établissement, mais exclut les investisseurs professionnels, les établissements financiers et les personnes morales autres que les PME. Les dépôts relèvent du FGDL, jusqu’à 100 000 €, qui exclut toutefois les sociétés holding, hors holdings industrielles pures, assimilées à des établissements financiers.

Ce qui ne change pas

La société reste imposée en France, selon les mêmes règles, où que soient conservés ses titres. La taxe sur les acquisitions d’actions de sociétés françaises dont la capitalisation dépasse 1 milliard d’euros, portée à 0,4 % le 1er avril 2025, reste due quel que soit le lieu d’établissement du prestataire.

Les obligations déclaratives

Une société civile doit déclarer chaque compte ouvert hors de France, comptes-titres compris, avec sa déclaration de résultats ; les sociétés de forme commerciale en sont dispensées (article 1649 A du CGI). Le dépositaire luxembourgeois se choisit donc sur la banque et ses conditions, jamais pour l’impôt.

Pour qui ?

Holding patrimoniale

Le produit d’une cession ou les dividendes remontés des filiales, à investir durablement : le compte-titres loge les placements comme les participations — voir préparer la cession de son entreprise.

Société d’exploitation

La trésorerie excédentaire au-delà des besoins de l’activité et de la réserve de sécurité, organisée par horizon avec la gestion de trésorerie d’entreprise.

Société civile à l’IS

Une société familiale soumise à l’impôt sur les sociétés, qui diversifie ses actifs au-delà de l’immobilier ; attention aux obligations déclaratives d’un compte ouvert hors de France.

À qui il ne convient pas

La trésorerie d’exploitation des prochains mois : elle relève d’un compte rémunéré, de comptes à terme ou de fonds monétaires, pas d’un portefeuille exposé aux marchés.

Compte-titres ou contrat de capitalisation ?

Les deux enveloppes peuvent être ouvertes par une société. Elles ne s’imposent pas de la même façon et se combinent souvent.

CritèreCompte-titres de sociétéContrat de capitalisation de société
Ce que détient la sociétéLes titres eux-mêmes : actions, obligations, parts de fonds.Une créance sur l’assureur, adossée à des supports — fonds en euros, unités de compte.
Imposition annuelleDividendes, plus-values réalisées et écarts de valeur liquidative des fonds (article 209-0 A du CGI).Pour un contrat à valeur de remboursement aléatoire, un rendement forfaitaire de 105 % du dernier taux mensuel des emprunts d’État connu à la souscription, régularisé au rachat (article 238 septies E du CGI).
ParticipationsPossibles, avec le régime des sociétés mères et celui des titres de participation.Sans objet : la société ne détient pas les titres en direct.
ProtectionTitres séparés des actifs de la banque ; FGDR en France, SIIL au Luxembourg, dans leurs conditions et plafonds.Règles propres à l’assurance : FGAP en France, dans ses conditions et plafonds ; au Luxembourg, privilège sur les actifs représentatifs des provisions techniques de l’assureur.

Le détail du contrat de capitalisation souscrit par une société figure sur notre page consacrée au contrat de capitalisation de société. Le traitement fiscal de chaque enveloppe se valide avec l’expert-comptable de la société.

Frais et risques : ce qu’il faut savoir avant d’investir

Les coûts

  • Droits de garde et frais de tenue de compte, selon la grille tarifaire de l’établissement, souvent différente pour une personne morale.
  • Frais de courtage à chaque ordre, et frais de change sur les titres libellés en devises.
  • Frais courants des fonds — OPCVM, ETF — prélevés sur leur actif.
  • Taxe sur les acquisitions de titres de capital : 0,4 % à l’achat d’actions de sociétés françaises dont la capitalisation dépasse 1 milliard d’euros, depuis le 01/04/2025.
  • Un coût fiscal sans encaissement : l’impôt dû sur l’écart de valeur liquidative des fonds se paie chaque année, même sans vente — une trésorerie à prévoir.

Les risques

  • Risque de perte en capital : la valeur des titres et des fonds fluctue à la hausse comme à la baisse ; le capital investi n’est pas garanti.
  • Risque de concentration : une holding qui détient surtout sa filiale, ou quelques lignes, dépend de leur sort.
  • Risque de change sur les titres libellés en devises étrangères.
  • Risque de liquidité sur les petites capitalisations, les obligations peu échangées et les titres non cotés.
  • Risque fiscal : une qualification des titres ou un régime mal appliqué se corrige au prix d’un redressement.

Les caractéristiques, frais et risques de chaque support figurent dans son document d’informations clés et son prospectus, et les conditions du compte dans la documentation tarifaire de l’établissement, remis avant toute souscription. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Notre approche

Un compte-titres de société se construit à partir du bilan de la société et de ses projets, pas d’un catalogue de supports. Nous travaillons en architecture ouverte, en lien étroit avec l’expert-comptable.

  • Classer la trésorerie — exploitation, sécurité, excédent durable : seul l’excédent durable a sa place sur un compte-titres, voir gestion de trésorerie d’entreprise.
  • Choisir l’enveloppe — compte-titres, contrat de capitalisation de société ou les deux, selon la nature des actifs et l’horizon.
  • Choisir le dépositaire — en France ou au Luxembourg, sur l’offre, les devises, les coûts et le régime de protection des avoirs.
  • Sélectionner les supports avec la grille de l’IS — imposition annuelle des fonds, qualification des titres, régime des sociétés mères.
  • Suivre dans la durée — revue de l’allocation et coordination avec les comptes annuels de la société.

Morgen Capital est CIF adhérent CNCEF Patrimoine, « à titre non indépendant » au sens MIF II — voir nos agréments et notre modèle de rémunération, présenté avant toute souscription.

Vos questions sur le compte-titres de société

Une société peut-elle ouvrir un compte-titres ?

Oui. Une holding patrimoniale, une société d’exploitation ou une société civile soumise à l’impôt sur les sociétés peut ouvrir un compte-titres à son nom, auprès d’une banque ou d’une entreprise d’investissement. L’établissement demande en règle générale les statuts, un extrait d’immatriculation, l’identité des bénéficiaires effectifs et les pouvoirs de la personne qui agit pour la société. Le PEA, lui, reste fermé aux sociétés : il est réservé aux particuliers majeurs fiscalement domiciliés en France.

Comment une société est-elle imposée sur les dividendes qu’elle reçoit ?

Tout dépend de la participation. Hors régime des sociétés mères, les dividendes entrent dans le résultat imposable à l’impôt sur les sociétés, au taux normal de 25 % ou, pour une PME éligible, à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice. Avec au moins 5 % du capital de la société distributrice et des titres conservés deux ans, le régime des sociétés mères exonère les dividendes, hormis une quote-part de frais et charges de 5 % réintégrée au résultat, ramenée à 1 % dans un groupe fiscalement intégré ou une situation équivalente dans l’Union européenne ou l’EEE (articles 145 et 216 du CGI).

Pourquoi les fonds détenus par une société sont-ils imposés chaque année ?

Parce que l’article 209-0 A du CGI impose aux entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés d’évaluer leurs parts d’OPC à la valeur liquidative à la clôture de chaque exercice : l’écart entre l’ouverture et la clôture entre dans le résultat imposable, même si aucune part n’a été vendue. Deux exceptions principales : les OPC dont l’actif est investi de façon constante à 90 % au moins en actions de sociétés de l’Union européenne soumises à l’impôt sur les sociétés, et certains fonds de capital-investissement conservés cinq ans. Les fonds d’une société se choisissent donc aussi avec cette grille.

Ouvrir le compte au Luxembourg change-t-il l’imposition de la société ?

Non. Une société établie en France est imposée en France selon les mêmes règles, où que soient conservés ses titres : régime des sociétés mères, plus-values, article 209-0 A. Un compte ouvert au Luxembourg ne dispense pas non plus de la taxe française sur les acquisitions d’actions de grandes sociétés françaises, due quel que soit le lieu d’établissement du prestataire. L’intérêt d’un dépositaire luxembourgeois tient à la banque retenue et à la diversification du lieu de conservation, pas à la fiscalité.

Que se passe-t-il si la banque dépositaire fait faillite ?

Les titres appartiennent à la société cliente, pas à la banque, qui n’en a que la garde : ils sont tenus à part et doivent lui être restitués. Les mécanismes de garantie n’interviennent que si des titres ont disparu et ne peuvent pas l’être. En France, la garantie des titres du FGDR couvre jusqu’à 70 000 € par client et par établissement, entreprises comprises, hors entités du secteur financier ; les espèces relèvent de la garantie des dépôts, jusqu’à 100 000 €, si l’établissement est une banque, et de la garantie des titres, jusqu’à 70 000 €, s’il s’agit d’une entreprise d’investissement. Au Luxembourg, le Système d’indemnisation des investisseurs (SIIL) couvre jusqu’à 20 000 € par personne et par établissement, mais exclut les investisseurs professionnels, les établissements financiers et les personnes morales autres que les PME ; les dépôts relèvent du FGDL, jusqu’à 100 000 €, qui exclut les sociétés holding, hors holdings industrielles pures. Pour une holding, la protection repose donc d’abord sur la séparation des titres.

Compte-titres ou contrat de capitalisation pour une holding ?

Ils ne répondent pas au même besoin. Le compte-titres détient les titres en direct : il peut loger des participations ouvrant droit au régime des sociétés mères, mais chaque dividende, chaque plus-value réalisée et, pour les fonds, chaque écart de valeur liquidative sont imposés exercice après exercice. Dans un contrat de capitalisation, la société détient une créance sur l’assureur ; lorsque sa valeur de remboursement est aléatoire, elle est imposée chaque année sur un rendement forfaitaire fixé à la souscription — 105 % du dernier taux mensuel des emprunts d’État connu —, puis régularisée au rachat (article 238 septies E du CGI). Les deux peuvent coexister dans une même société.

Faut-il déclarer un compte-titres ouvert au Luxembourg ?

Pour une société civile, oui. L’article 1649 A du CGI impose aux sociétés n’ayant pas la forme commerciale — dont les sociétés civiles, quel que soit leur objet — de déclarer les références de leurs comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos hors de France, comptes-titres compris, en même temps que leur déclaration de résultats. Les sociétés de forme commerciale, comme les SA, SAS et SARL, n’y sont pas tenues. Le point se vérifie avec l’expert-comptable à l’ouverture du compte.

Votre société a de la trésorerie à investir ?

En un échange, nous distinguons ce qui doit rester disponible de ce qui peut être investi durablement, puis nous présentons les enveloppes et les dépositaires adaptés, en lien avec votre expert-comptable. Le bilan est offert.

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